Le tourbillon, comment ça marche ?

Le tourbillon, comment ça marche ?

Fascinant de complexité, le tourbillon de montre évoque le savoir-faire horloger dans toute sa splendeur et convoque immédiatement les marques les plus prestigieuses au monde… mais savez-vous vraiment à quoi sert le tourbillon et comment il fonctionne ? Mr Montre vous explique.

Au royaume des complications horlogères, le tourbillon a longtemps été roi. Mis au point par le français Abraham-Louis Breguet au début du XIXe siècle, il illustre parfaitement ce qui fait le charme de la grande horlogerie : la poursuite sans relâche d’un idéal de précision, pour que jamais un mouvement mécanique ne dévie de la marche du temps…

S’il sert aujourd’hui à faire rêver les amateurs fortunés, le tourbillon répond tout de même en premier lieu à des considérations très pragmatiques. Horloger à la cour, Breguet réalise que le fonctionnement du balancier spiral qui anime ses créations souffre des effets de la gravité. Pour bien comprendre, il convient sans doute de rappeler le principe du mouvement mécanique avec d’un côté, le balancier et, de l’autre, le spiral.

Le balancier effectue un mouvement de va et vient circulaire qui l’amène à comprimer le ressort spiral jusqu’à ce que ce dernier le repousse. Il repart alors en arrière, l’ancre d’inertie permet que les forces soient compensées, le processus recommence : c’est le principe de l’oscillation.

Le tourbillon pour compenser les effets de la pesanteur

tourbillon
Pour que le mouvement soit précis, il faut évidemment que cette oscillation soit la plus régulière possible, et ce quelle que soit la position dans laquelle se trouve la montre. Selon l’orientation du boîtier qui contient le mécanisme, la force gravitationnelle est en effet susceptible de perturber le bon déroulement de l’oscillation. En simplifiant, disons que l’action de la gravité va tirer légèrement plus le balancier d’un côté que de l’autre quand la montre est portée à la verticale, faussant donc le délicat équilibre de l’oscillation.

Comment annuler l’effet de la gravité, à défaut de pouvoir annuler l’attraction terrestre ?

Pour répondre à cette question, Breguet imagina d’installer l’ensemble du mécanisme de la montre (balancier, spiral, ancre et roue d’échappement) à l’intérieur d’une cage mobile, capable de tourner sur elle-même de façon régulière. L’intérêt ? A l’intérieur de la cage, le mouvement est en rotation constante : il reste sensible à la pesanteur, mais comme il passe donc par toutes les positions possibles les effets de cette dernière sont gommés. Autrement dit, les perturbations ponctuelles subsistent, mais elles sont compensées au profit d’une moyenne censée se rapprocher de l’équilibre.

Une complication de luxe

Bien qu’on puisse toujours arguer qu’une moyenne n’a pas valeur de précision absolue, la beauté du modèle et l’incroyable savoir-faire nécessaire à sa réalisation a rapidement conféré au tourbillon ses lettres de noblesse. Cette complication exceptionnelle est longtemps restée l’apanage des créations horlogères les plus ambitieuses et les plus onéreuses.

Au XXe siècle, des grands créateurs ont entrepris de prolonger la vision dessinée par Breguet, en développant des tourbillons capables de tourner sur deux, puis sur trois axes, à l’image du célèbre gyrotourbillon de Jaeger LeCoultre. Même si l’industrialisation galopante et l’arrivée des manufactures asiatiques ont contribué à rendre le tourbillon simple plus accessible, le ticket d’entrée reste tout de même de l’ordre de plusieurs milliers d’euros…

gyrotourbillon

Les Bréguet bien sûr, Jaeger LeCoultre, mais aussi Audemars Piguet ou Vacheron Constantin comptent parmi les grands noms du tourbillon, avec des montres dont les variations se négocient en dizaines ou en centaines de milliers d’euros.

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